Le média de lutte contre la désinformation politique Les Surligneurs et les associations QuotaClimat et Data For Good confirment et élargissent, à la suite d’une phase de validation, le champ de leur initiative « Droit à l’Info » visant à détecter de façon précoce et à endiguer au plus tôt la diffusion des narratifs de désinformation dans les médias et sur les réseaux sociaux et à alerter les citoyens. Outre les sujets climatiques, le dispositif s’étend désormais aux migrations. La santé environnementale sera couverte prochainement.
Quelque 1 400 personnes – citoyens et professionnels de l’information – se sont inscrites pour recevoir les alertes de la chaîne WhatsApp publique de Droit à l’info depuis son lancement fin mai 2026. Ce canal a été mobilisé pour relayer les réponses de Droit à l’Info, basées sur des faits et l’état des connaissances, lors des épisodes caniculaires de cet été, où les débats ont en particulier été dominés par un narratif de désinformation sur l’impact de la climatisation.
Droit à l’Info s’inscrit en complément des dispositifs de fact-checking existants en apportant la capacité d’identifier des narratifs de désinformation sur les réseaux sociaux, la presse en ligne et dans les médias audiovisuels en amont de leur propagation dans le débat public. Lorsqu’un risque de voir une fausse information se propager plus largement dans le débat public est identifié, Droit à l’Info alerte citoyens et professionnels de l’information, notamment via sa chaîne WhatsApp publique.
Une couverture médiatique plus large et davantage de thématiques, en commençant par les migrations
Pour mieux couvrir et détecter les discours de désinformation, Droit à l’Info élargit sa couverture des chaînes de télévision et de stations radio, et au-delà des seules tranches d’informations pour y intégrer les émissions de débat, avec Public Sénat, LCP et TMC (l’émission Quotidien) et de nouvelles tranches horaires sur France Télévisions (comme C Politique et C à vous) et RTL (Le Grand Jury), scannant désormais les programmes de 20 médias audio-visuels majeurs.
Outre le climat, le dispositif introduit aussi progressivement d’autres thèmes centraux pour le débat public dans la perspective de l’élection présidentielle de 2027. Un nouveau centre de ressources, d’ores-et déjà ouvert sur le site de Droit à l’info, est consacré aux narratifs de désinformation sur les migrations, alimenté par des fact-checkers, en particulier issus de la rédaction des Surligneurs, et validés par des scientifiques, avec l’appui de l’ONG Oxfam France, et de l’association portant La Charte de Marseille sur l’information et les migrations.
« L’initiative Droit à l’info s’inscrit pleinement dans l’esprit de la Charte de Marseille sur l’information et les migrations. Les questions migratoires figurent parmi les sujets les plus exposés aux biais, aux instrumentalisations et à la désinformation. Les contenus trompeurs qui les entourent comptent parmi les plus anciens et les plus ancrés dans le débat public, tandis que les réseaux sociaux en démultiplient aujourd’hui la portée. Face à ce constat, nous avons conçu cette Charte comme une boussole déontologique, afin de donner aux journalistes des repères concrets pour vérifier, contextualiser et exercer un contradictoire solide », déclare Julia Montfort, Journaliste et Présidente de l’association de la Charte de Marseille sur l’information et les migrations.
Une trentaine de narratifs de désinformation récurrents sur les migrations ont déjà été détectés
En phase de test, les dispositifs de détection de Droit à l’Info ont déjà permis de dessiner un état des lieux de la désinformation dans le domaine des migrations et d’identifier la propagation dans les médias et sur les réseaux sociaux d’une trentaine de narratifs récurrents de désinformation sur le thème des migrations. Par exemple, un chiffre inexact revient avec insistance dans le débat public évoquant l’entrée légale d’un demi-million d’immigrés par an en France, qui provient d’une lecture erronée des statistiques de l’INSEE comme l’explique la réponse des Surligneurs disponible dans le centre de ressources.
« Avec Les Surligneurs nous luttons contre la désinformation politique depuis bientôt 10 ans et documentons chaque jour la mobilisation des narratifs mensongers ou trompeurs sur les migrants. Quotidiennement, des chiffres sur les migrations sont déformés, sortis de leur contexte ou volontairement trafiqués, parfois pour servir un agenda politique. C’est dans la continuité de notre engagement contre la désinformation et pour une information fiable que nous sommes fiers de participer à l’initiative Droit à l’info. Avec l’extension aux sujets sur les migrations, nous comptons mettre notre savoir-faire en matière de vérification des faits au service des citoyens pour promouvoir un débat public fondé sur des faits vérifiés. » – Vincent Couronne, directeur général et co-fondateur du média Les Surligneurs.
L’accès au logement et aux prestations sociales par les personnes étrangères fait notamment l’objet de la répétition d’assertions fausses ou trompeuses auxquelles le centre de ressources a commencé à apporter des réponses.

Sur le sujet des migrations, ce premier état des lieux réalisé par Droit à l’info fait apparaître quelques grands récits faux ou trompeurs structurant les principaux narratifs de désinformation : ils s’articulent autour de la théorie d’un « grand remplacement » démographique, d’allégations sur l’insécurité, l’accès aux aides sociales ou aux soins médicaux, sur l’existence supposée de privilèges qui seraient accordés aux étrangers ou les désignant comme des menaces pour la société.
La phase de test ouverte depuis le mois de mai par Droit à l’Info sur son dispositif lui a également permis de vérifier et de confirmer la pertinence de son outil. Cette phase a montré qu’1 cas sur 2 détecté par l’outil s’avère effectivement relever de la mésinformation.
Une vigilance maintenue sur les sujets climatiques et environnementaux
Malgré la canicule historique vécue depuis l’été, nombre de narratifs de désinformation climatiques déjà connus, par exemple sur le coût des énergies renouvelables ou la disponibilité supposée de sources d’énergies fossiles en France, continuent aussi à se propager dans la sphère informationnelle. Mais de nouveaux narratifs du type « Les incendies sont le fait de l’action humaine, pas du réchauffement climatique » ont émergé, narratifs auxquels notre centre de ressources a également apporté des réponses élaborées par Science Feedback.
L’enquête inédite réalisée en juin 2026 par Cluster 17 pour Droit à l’Info auprès de 5 009 personnes a révélé la réceptivité aux narratifs de désinformation climatique d’une partie de la population soutenant pourtant la transition écologique. Or l’Observatoire des Médias sur l’Écologie a recensé dans son bilan semestriel 452 cas de mésinformation climatique dans les médias entre janvier et juillet 2026, soit une hausse de 28% des cas détectés comparé au 1er semestre 2025. À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, une vigilance accrue s’impose face à l’intensification de la propagation de narratifs de désinformation susceptible de s’aggraver.
Dans le prolongement de la réponse à la désinformation sur les enjeux climatiques, Droit à l’info étendra ultérieurement son champ d’activité au sujet de la santé environnementale.
Le Comité d’experts qui encadre les travaux de Droit à l’Info, instruit ses orientations méthodologiques et s’assure de leur conformité avec l’état des connaissances scientifiques a été renforcé par l’arrivée récente de Grégoire Darcy, enseignant-chercheur en sciences cognitives spécialiste de la désinformation, Théodore Tallent, enseignant-chercheur travaillant sur les enjeux politiques et sociaux liés à la transition écologique et Malo Jan. L’élargissement du champ d’intervention de Droit à l’info est soutenu par une campagne de dons citoyens ainsi que l’appui des Rencontres pour la planète qui s’ajoutent à l’engagement, depuis le début du projet, du Fonds de dotation la Concorde.















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