«Le régime (d’assurance-chômage) prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros en 2027. Nous prélèverons donc cet excédent, mais l’Unédic sera à l’équilibre l’an prochain», a déclaré le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou, alors que l’organisme paritaire alerte sur un risque d’augmentation de sa dette face à une conjoncture qui se dégrade.

«Le régime (d’assurance chômage) prévoit un excédent de 2,1 milliards d’euros en 2027. Nous prélèverons donc cet excédent, mais l’Unédic sera à l’équilibre l’an prochain», a déclaré le ministre Jean-Pierre Farandou, dans un entretien paru lundi dans le journal L’Opinion.

Recherchant diverses sources d’économies pour boucler son budget 2027, le gouvernement ne tient pas compte des demandes répétées de l’organisme paritaire qui gère l’assurance chômage, le gouvernement choisit de poursuivre les prélèvements sur les recettes de l’Unédic, après en avoir déjà tiré 12 milliards d’euros entre 2023 et 2026.

La somme de 2,1 milliards s’appuie sur les prévisions d’excédent 2027 communiquées par l’Unédic en juin. Mais depuis, la conjoncture économique s’est dégradée et les anticipations d’évolution du PIB de la France ont été revues à la baisse par l’Insee et la Banque de France et par conséquent.

De fait, l’Unédic va devoir, au cours du mois d’octobre, revoir à la baisse sa prévision d’excédent pour l’année prochaine. Cela «va être environ divisé par deux», a indiqué à l’AFP la présidente de l’Unédic Patricia Ferrand (CFDT).

Donc, «on prend au mot le ministre quand il dit que l’Unédic sera à l’équilibre (…), c’est à lui de nous indiquer comment on va arriver à l’équilibre malgré une baisse de l’excédent» prévu, a également réagi Jean-Eudes Tesson (Medef), le vice-président de l’organisme.

Ces nouveaux prélèvements de l’État vont intervenir alors que l’Unédic comptait sur les recettes attendues en 2027 pour réduire son lourd endettement, qui devrait atteindre 61,5 milliards d’euros fin 2026. Sans nouveau prélèvement de la part de l’État, l’organisme prévoyait son recul à 59,4 milliards fin 2027 et à 55,4 milliards fin 2028. Sur l’année 2026, le prélèvement de l’État, prévu à 4,1 milliards d’euros, devrait être plus important que l’excédent anticipé, laissant au final des pertes de 2,3 milliards à l’Unédic.

«On a alerté sans cesse sur les conséquences de ces ponctions (de l’État) qui nous empêchaient de nous désendetter», a critiqué la présidente de l’Unedic, Patricia Ferrand, qui atteste que «l’enjeu est de pouvoir consolider la pérennité et la soutenabilité financière du régime pour assumer les défis de demain et une éventuelle dégradation encore plus forte de la conjoncture».

Les recettes de l’Unédic sont principalement constituées des cotisations patronales prélevées sur les salaires à hauteur de 4% du salaire brut. Depuis 2019, la part salariale des cotisations a été supprimée et remplacée par une quote-part de 1,47 point de CSG sur tous les revenus d’activité.

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