Alors que des dizaines de milliers de lycéens, étudiants et syndicats ont manifesté ces derniers jours en France, plusieurs établissements ultramarins s’étaient mobilisés dès la rentrée. À Mayotte et en Guyane, des dizaines de revendications ont été présenté dès le 7 septembre.
Dans une tribune, citée par Outermerla1ère, Laetitia Malet, déléguée générale de l’ACCD’OM, a expliqué que « depuis cinq semaines, nous avons des mobilisations pacifiques de lycéens qui sont passées sous ère, silence et traitées comme des faits divers alors qu’une mobilisation dans l’Hexagone prend tout de suite une dimension impressionnante ».
En effet, à Mayotte, certains établissements accueillent jusqu’à trois fois plus d’élèves que prévu. De plus, la vétusté des locaux est pointée du doigt : absence d’infirmerie, des climatisations défaillantes, les salles, les sanitaires, l’internat et la cantine sont dans des états déplorables. Face à un manque chronique d’infrastructures et de personnels, Bruno Dezile, secrétaire général de la CGT Éduc’action Mayotte, a expliqué que « de 2006 à 2016, nous avons vu des investissements importants sur l’île avec la construction de nouveaux établissements du second degré. Mais depuis dix ans, le rythme est beaucoup plus lent ».
En 2012, le Sénat a estimé qu’il faudrait « construire un collège supplémentaire chaque année » pour répondre aux besoins de scolarisation. Le passage du cyclone Chido a rendu davantage vulnérable les établissements scolaires, obligeant de très nombreux élèves à se rendre en France pour pouvoir poursuivre leurs parcours scolaires. « Cette jeunesse n’en peut plus, et il est évident que nous préférons la voir se mobiliser et exprimer ce qu’elle vit dans un mouvement social comme aujourd’hui, plutôt que de la voir s’exprimer par la violence », a souligné Bruno Dezil.
En Guyane, le 7 septembre, une délégation d’élèves du lycée Félix Eboué avait transmis une liste de 17 revendications. Parmi lesquels, ils dénoncent l’inaccessibilité au carbet, salle de permanence inadaptée, insécurité, cantine submergée, manque de personnel, professeurs absents non remplacés ou les remplaçants sont aussi absents, ventilation défectueuse, manque d’hygiène dans les sanitaires, coupure d’eau, et entre réseaux informatique défaillant.
Pour le syndicat, STEG-UTG, « ces difficultés ne datent pas d’hier et ne peuvent plus être balayées d’un revers de main ou réduites à de simples questions de discipline. Le lycée Félix Eboué n’est pas un goulag de l’apprentissage !!! (…) Les élèves ne sont pas le problème. Lorsqu’ils se mobilisent pour dénoncer leurs conditions de vie et d’étude, leur parole doit être entendue ».
Etudier est de plus en plus difficiles dans les Outre-mer, dans les îles de Nouvelle-Calédonie, les écoles se situent principalement en Grande Terre. À Wallis-et-Futuna, les élèves doivent quitter leur île pour aller au lycée à Wallis, pour ensuite devoir poursuivre leurs parcours universitaires en Nouvelle-Calédonie ou en France.
L’ACCD’OM a pointé du doigt le manque d’adaptation des établissements scolaires aux changements climatiques. Dans les territoires tropicaux, la chaleur ne se limite pas à quelques épisodes exceptionnels car elle dure et impacte les infrastructures.
Pour l’ACCD’OM, les territoires ultramarins doivent être pleinement intégrés aux politiques d’adaptation aux changements climatiques, avec des financements à la hauteur de leurs besoins spécifiques. (Voir notre Témoignages Le Mensuel n°2 sur le climat qui évoque les prises de décisions faites à Paris sans prendre en compte les problématiques des territoires ultramarins).
Les mobilisations ultramarines ont pourtant été peu visibles au niveau national. L’ACCD’OM y voit une différence de traitement qui renvoie à la difficulté de faire entendre les réalités scolaires des territoires ultramarins.















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