Communiqué Groupes parlementaires CRCE-K(**) et GDR* – Hier soir (4 novembre), à l’unanimité, l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances pour 2027. Désavoué, le Gouvernement n’a plus qu’une décision responsable à prendre : retirer son texte et revenir avec un budget qui entende enfin le pays.

Ce vote, en ce qui nous concerne, sanctionne un budget qui fait payer les malades, les retraités et les communes, et qui épargne une fois de plus les grandes fortunes. Depuis 2017, la même politique est reconduite d’année en année, quoi qu’il en coûte au pays. Elle a échoué par ses résultats et a été battue dans les urnes en 2024. Le Gouvernement persiste pourtant, et chaque échec le radicalise un peu plus. Faute de pouvoir convaincre, il glisse vers l’illibéralisme.

C’est désormais le projet de loi de finances initial qui arrive au Sénat. À la mi-décembre, si le Sénat ne rejette pas le texte, le Gouvernement pourrait recourir à l’ordonnance prévue par l’article 47 de la Constitution pour faire entrer le budget en vigueur sans vote du Parlement. Une telle issue serait inédite sous la Ve République : une méthode légale peut-être, illégitime à coup sûr ! Le Gouvernement pourrait également choisir le recours au 49.3, au risque d’une motion de censure, dont il ne pourrait espérer éviter l’adoption qu’avec la complaisance du Rassemblement national.

Dans les deux cas, le pouvoir ferait le choix du passage en force plutôt que celui de la remise en question. Ce serait prolonger une crise politique dont il porte la responsabilité, au mépris du Parlement comme du pays.

Une seule issue : le retrait du budget

Le Gouvernement doit retirer son projet de loi de finances et en présenter un nouveau, fondé sur la justice fiscale, la solidarité et l’investissement dans les services publics. Il ne peut continuer à gouverner contre les aspirations majoritaires du pays.

Depuis la rentrée, les lycéens se sont mobilisés, suivis par des centaines de milliers de manifestants les 17, 24 et 31 octobre. Aujourd’hui, les salariés et les retraités sont en grève à l’appel de l’intersyndicale. Ces mobilisations expriment un même refus de faire payer au monde du travail le prix d’une politique qui continue de protéger la finance et les plus fortunés. À ces exigences, le pouvoir n’a opposé aucune réponse politique. Il a préféré la répression, les couvre-feux, les interpellations massives et les concessions de façade.

Le vote de l’Assemblée nationale ouvre une nouvelle séquence. Œuvrons à la construction d’une mobilisation unitaire et majoritaire, à la hauteur du désaveu exprimé par le pays, pour contraindre le Gouvernement à retirer son budget.

(*)Groupe de la Gauche Démocrate et Républicaine (GDR)

(**) Groupe Communiste, Républicain, Citoyen et Écologiste – Kanaky (CRCE-K)

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