Né le 12 août 1930, Denis Irouva, militant pur et dur, chante à tue-tête l’Internationale à chaque mobilisation. Figure du mouvement autonomiste de La Réunion, il s’est distingué par son action militante au sein du Parti Communiste Réunionnais et à la CGTR.

En 1962, lorsque que René, un militant CGTR, a la jambe brisée par les nervis de la droite, “c’est à partir de là que je n’ai plus compté mon engagement”, confie-t-il au Quotidien en 2013.

S’ensuivent des années de combat, durant lesquelles il verra de nombreux camarades perdent la vie pour la défense des Réunionnais(e)s, la clandestinité de Paul Vergès, la fraude électorale organisée par la droite et l’État, la violence et la saisie de Témoignages. Il sera licencié en 1967 pour avoir vendu des vignettes de soutien du journal.

Il soutient depuis des décennies Témoignages, car « c’est le journal des Réunionnais résistants. Nous vivons sous un système qui met en péril la santé des gens, qui dégrade les conditions de travail, qui diminue le pouvoir d’achat du 2ème monde, qui démolit la cohésion sociale et met en cause le futur. J’encourage Témoignages à continuer le combat pour faire respecter les droits sociaux des Réunionnais, pour que l’économie soit au service des personnes ».

En 1971, il devient conseiller municipal sur la liste de Paul Vergès au Port. Il rattrapera ses années d’école, lors de cours du soir proposés par le PCR. Autodidacte, il salue Yves Grondin, qui « m’a appris à compter mais aussi à commencer une grève, à tenir une grève et à arrêter une grève« .

Par la suite, les tensions politiques et syndicales s’apaisent, il continue la lutte et dira au Quotidien, « quand tu es communiste et syndicaliste, tu en prends plein la gueule, mais je ne regrette rien. Si je n’avais pas fait tout ça, je serais encore plus baisé aujourd’hui« . De toutes les mobilisations, Denis Irouva assure que « le système veut mettre fin à l’État social, alors il n’y aura plus de protection sociale, ce sera un retour aux années 1930« .

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