Seize ans après la COP15, la Conférence des Parties de 2025 a été accueillie par le Brésil, du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au cœur de l’Amazonie dans l’État du Pará.

Présidé par le président Luiz Inácio Lula da Silva, ce sommet devait marquer une étape essentielle dans le processus de mobilisation et de dialogue international sur l’agenda climatique mondial, mais les résultats de ces échanges ne sont pas à la hauteur des enjeux.

La conférence a certes débouché sur des avancées importantes, mais également des déceptions criantes. Alors que la COP30 portait une charge symbolique et politique inédite, elle avait pour ambition d’incarner le réengagement du Brésil dans la lutte contre la déforestation et d’offrir une respiration nouvelle à des négociations perçues comme lentes, fragmentées et insuffisantes face à l’urgence scientifique.

Mais les résultats sont mitigés et loin d’être à la hauteur des sonnettes d’alarme lancées par les scientifiques.

Selon les rapports du GIEC, une tendance inquiétante émerge depuis plusieurs années: le monde se dirige vers un réchauffement compris entre 2,5 °C et 2,9 °C à la fin du siècle, même si les engagements déjà annoncés étaient tenus. Cette trajectoire est incompatible avec la stabilisation du climat et expose de vastes régions à des risques majeurs : montée des eaux, cyclones plus intenses, sécheresses prolongées, perturbations alimentaires et migrations climatiques.

Or, l’accord, adopté le 22 novembre, après prolongation, est contrasté. D’un côté, un accord final a permis d’enregistrer des progrès sur plusieurs fronts essentiels: adaptation, protection des écosystèmes et soutien à une transition juste.

De plus, les dirigeants ont prit l’engagement de tripler les financements pour l’adaptation climatique des pays en développement d’ici 2035. Il s’agira de mobiliser 1.300 milliards de dollars par an d’ici 2035, sous la conduite des pays du Nord qui refusent toujours d’assumer leurs responsabilités historiques.

De l’autre côté, les États ont été incapables de s’accorder sur un calendrier explicite de sortie des énergies fossiles, ou sur des engagements plus ambitieux pour réduire les émissions, suscitant des critiques. De plus, aucun engagement ferme n’a émergé pour inverser la déforestation en Amazonie, avec seulement des initiatives sans obligation.

D’ailleurs, les peuples autochtones et communautés locales ont été reconnus comme acteurs clés à la COP30, mais seul 14% d’entre eux ont obtenu une accréditation, remettant en question leur représentation et la possibilité pour eux de porter leurs voix face au changement climatique. Une réalité est apparue aux yeux des observateurs: la coopération internationale est affaiblie par les rivalités géopolitiques, les divergences d’intérêts économiques et les déséquilibres persistants entre pays du Nord et du Sud.

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