Députée, maire, présidente de la Région Réunion, Huguette Bello est connue à La Réunion pour son engagement pour les droits des femmes réunionnaises. Elle revient pour “TLM” sur son engagement et l’évolution du féminisme à La Réunion.
Extrait
La défense des droits des femmes n’est pas un outil au service d’un agenda nationaliste néofasciste. Il est un combat émancipateur, profondément ancré dans l’égalité, la justice sociale et la défense inconditionnelle de toutes les femmes, sans distinction. L’histoire nous enseigne que l’extrême droite a toujours combattu les droits des femmes — droit à disposer de leur corps, droits sociaux, droits politiques — et aujourd’hui elle tente d’en revêtir les habits pour mieux imposer un projet de repli et de division.
Et puis l’égalité homme/femme est encore perçue comme une remise en cause de privilèges existants ou de l’ordre patriarcal établi. On entend encore dire que le travail des femmes fait dysfonctionner la société : c’est du travail en moins pour les hommes, elle s’occupe moins de leurs enfants, et patati et patata… Ces résistances sont réelles et contribuent à ralentir les progrès.
Par ailleurs, la connaissance ne suffit pas toujours à modifier les comportements. On peut être informé des mécanismes des violences conjugales et continuer à reproduire ou à tolérer des rapports de domination. Les phénomènes d’emprise, de normalisation ou de solidarité de groupe sont souvent plus puissants que la simple information.
La peur, la dépendance économique, l’isolement ou encore la pression sociale continuent de freiner de nombreuses victimes. Beaucoup hésitent encore à dénoncer les violences qu’elles subissent ou se heurtent à des obstacles lorsqu’elles entreprennent des démarches.















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