Le féminisme à La Réunion est étroitement lié à l’histoire coloniale de l’île, car les femmes réunionnaises ont dû faire face à des réalités très spécifiques telles que l’esclavage, l’engagisme, les inégalités sociales, le racisme, la pauvreté et l’éloignement géographique.

La Réunion devient une colonie française au XVIIème siècle, avec une société coloniale reposant largement sur l’esclavage. Les femmes esclaves occupent une position vulnérable. Elles effectuaient à la fois du travail productif (champs, plantages, artisanat) et du travail reproductif et domestique (soins, cuisine, linge, nettoyage), ce qui les rendait indispensables au système esclavagiste. De plus, elles font face à des violences sexuelles et à un contrôle strict de leur corps et de leur reproduction.

Malgré ces conditions de vie très difficiles, elles parviennent à résister chaque jour de manière discrète, avec des actions telles que le refus du travail, les ralentissements volontaires, les détériorations d’outils et le sabotage des récoltes, afin de diminuer la productivité. Par la suite, elles simulent la maladie, cachent la production et la nourriture, ou déplacent discrètement des biens pour soutenir la communauté sous d’autres formes courantes.

Le « marronnage » était une stratégie fréquente permettant d’échapper au travail forcé et de créer des espaces d’autonomie. Elles participaient au marronnage individuellement ou en groupes familiaux, en utilisant leurs connaissances des chemins, des forêts et des réseaux familiaux pour organiser les filières de fuite.

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