Plus de 130 représentants venus de 16 pays, 26 organisations régionales, internationales et non-étatiques, quatre universités et deux think tank, se sont réunis ce jour à Port-Louis, en format hybride, à l’occasion de la 3ème session plénière du Groupe de contact sur les activités illicites en mer (CGIMA), présidée par les Seychelles. Cette rencontre clôturait la EU Maritime Security Week, ouverte le 21 juillet.

La 3ème réunion plénière du CGIMA a permis de faire le point sur l’évolution des menaces dans l’océan Indien occidental et la manière dont l’ensemble des acteurs de la région (États, organisations régionales, partenaires internationaux, associations des gens de la mer, l’industrie du secteur maritime, missions navales) coordonnent leur riposte. Elle a aussi posé un constat unanime : les crises internationales créent des failles que les réseaux criminels exploitent en mer. De fait, le renforcement des mécanismes régionaux de sécurité maritime est une nécessité, non seulement pour les États de la région mais aussi pour la communauté internationale compte tenu de l’importance des routes et verrous maritimes stratégiques.

Une région sous tension

Les turbulences au Moyen-Orient déstabilisent des couloirs maritimes stratégiques comme les détroits d’Ormuz et de Bab-el-Mandeb, ouvrant des opportunités pour la criminalité organisée en mer. La piraterie au large des côtes somaliennes illustre ce risque. Maîtrisée grâce à l’action collective au tournant des années 2010 mais jamais éradiquée, elle connait une résurgence ayant donné lieu à 74 événements recensés depuis novembre 2023, avec à ce jour 4 navires et leurs équipages toujours retenus en otage.

À cela s’ajoutent les attaques contre les navires marchands – la dernière visant un tanker le 22 juillet – et les trafics illicites, dont une saisie de 271 kg de stupéfiants réalisée en avril lors d’une opération conjointe entre les Seychelles, la France et Maurice dans le cadre de l’Architecture régionale de sécurité maritime.

Le CGIMA, un espace de coordination qui a fait ses preuves

Face à ces défis, le CGIMA s’impose comme la plateforme de référence pour réunir les principales parties prenantes, partager l’information, construire des synergies opérationnelles et mobiliser l’ensemble des parties prenantes, des États côtiers aux missions navales internationales.

« L’information est un atout stratégique. Le CGIMA permet de partager les expériences et de coordonner les actions », a souligné le Major General Rosette, des Seychelles, président en exercice du groupe, qui a affirmé la volonté d’approfondir la portée du mécanisme pour assurer durablement la sécurité des espaces maritimes.

Ouvrant les travaux, le ministre seychellois de l’Intérieur et des Affaires civiles, M. James Camille, a rappelé la singularité du CGIMA. Seul forum international à la région et créé par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, en 2009, à réunir « un éventail aussi large d’acteurs de la lutte contre les activités illicites en mer et donnant aux États insulaires et côtiers les moyens de faire entendre une voix commune et d’orienter les appuis internationaux vers les priorités régionales ».

Une mobilisation à l’échelle internationale

Le CGIMA rassemble, aux côtés des États et organisations de la région dont la Commission de l’océan Indien, des puissances internationales (États-Unis, Inde, Italie, Japon, Royaume-Uni, Australie, Chine, Russie), des partenaires multilatéraux (Nations unies, Union européenne, Union africaine), des missions navales et militaires (EU NAVFOR Atalanta et ASPIDES, Combined Maritime Forces, UKMTO) ainsi que les mécanismes régionaux de sécurité maritime (Centres régionaux de Fusion d’information maritime (CRFIM) et de Coordination opérationnelle (CRCO), Code de conduite de Djibouti / Amendement de Djeddah) et des associations internationales de transport maritime et d’assistance humanitaire.

Au-delà du partage d’information et des synergies opérationnelles, le Groupe de contact traite des enjeux du traitement judiciaire des activités illicites, de l’assistance humanitaire aux équipages victimes de crimes maritimes et de la sécurisation des routes commerciales, autant de dimensions où aucun acteur, seul, ne peut apporter de réponse durable.

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