Le bouleversement de l’ordre mondial ne peut pas uniquement s’expliquer par le « déclin de l’Occident », mais aussi par une recomposition plus complexe des rapports de puissance, vers un ordre plus polycentrique et disputé. Les puissances émergentes contestent davantage les normes et les institutions héritées de la fin de la Seconde Guerre mondiale, tandis que les États-Unis restent très puissants, mais ne peuvent plus imposer seuls leurs règles.
Cet ordre international est aujourd’hui remis en cause par les pays émergents qui rejettent ou rediscutent les règles portées par l’Occident. Cette dynamique ne signifie pas forcément la disparition de l’uni-polarité du jour au lendemain, mais plutôt une transition vers un système plus hybride, où coexistent rivalités, interdépendances et éléments d’un ordre ancien.
La montée de la Chine, de l’Inde, du Brésil et de la Russie joue un rôle central dans cette transformation, car ils demandent un rééquilibrage des responsabilités au sein des institutions internationales et une gouvernance partagée. Raisons pour lesquelles certains pays ont décidé de se rassembler dans des organisations visant à défendre leurs intérêts particuliers et communs : ASEAN, Mouvement des non-alignés, Groupe des 77, l’Union africaine, l’Organisation de Coopération de Shanghai, l’Alliance des États du Sahel, APEC, MERCOSUR, … Ces organisations cherchent à promouvoir la solidarité, le développement et une meilleure représentation des pays du Sud dans le monde.
Or, le bouleversement de l’ordre mondial concerne surtout l’influence relative de l’Occident, affaiblie par les crises internes, les tensions politiques et la perte de confiance dans ses institutions. Cela n’implique pas un effondrement, mais une perte de centralité dans un monde où d’autres acteurs gagnent en autonomie stratégique et en capacité d’initiative. Ainsi, en juin 2026, le Burkina Faso a annoncé “rompre” ses relations diplomatiques avec la France, accusée d’ »un activisme incessant du régime en place en France contre les intérêts du Burkina Faso, des ambitions néocoloniales affichées avec le soutien actif à des réseaux subversifs et aux terroristes qui endeuillent (le) pays et le Sahel ».
Les institutions internationales, initiées par les Etats-Unis, comme l’ONU, le FMI ou la Banque mondiale sont poussées à s’adapter à une réalité plus multipolaire. En effet, leur gouvernance est de plus en plus contestée par les pays du Sud, qui la jugent inégalitaire et au service des intérêts des puissances occidentales.
La réforme de l’ONU souhaité par certains pays du Sud, dont la Chine, vise à rompre des modes de gouvernance archaïque, inadaptés aux enjeux actuels, et qui ne prennent pas en considération les économies en devenir. En parallèle, les rivalités commerciales, technologiques, militaires et diplomatiques s’intensifient, ce qui rend la coopération plus difficile sur les enjeux globaux comme le climat, la cybersécurité ou les crises régionales.
















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