La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) a publié les premiers résultats sur l’activité des établissements de santé, ainsi que de premières estimations sur la situation financière des hôpitaux publics et sur l’évolution des effectifs salariés en 2025.
Après le record de 2024, le déficit des hôpitaux publics a atteint 2,3 milliards d’euros l’an dernier. En 2025, l’activité des établissements de santé a crû dans l’ensemble, mais son évolution est contrastée suivant les disciplines et le secteur juridique des structures.
En court séjour, les hôpitaux publics contribuent pour les deux tiers à la hausse du nombre de séjours, qui concerne à la fois l’hospitalisation complète (avec nuitée) et l’hospitalisation partielle (sans nuitée).
En moyen séjour, l’activité croît quelle que soit la forme d’hospitalisation, mais ralentit. L’activité d’hospitalisation à domicile (HAD) augmente très nettement. En psychiatrie, les hospitalisations à temps partiel et à temps complet diminuent.
Le déficit des hôpitaux publics est estimé à environ 2,3 milliards d’euros en 2025, soit le «troisième niveau le plus élevé» de ces vingt dernières années, même s’il diminue par rapport au record de 2024.
Le déficit global des hôpitaux publics atteindrait ainsi 2,1% de leurs recettes en 2025, soit un montant «de l’ordre de 2,3 milliards d’euros», a précisé cette étude des services statistiques des ministères sociaux, basée sur les «comptes non définitifs» des établissements à la fin juin 2026. Ce déficit représentait 2,7% des recettes en 2024, soit 2,9 milliards d’euros, un niveau jamais atteint depuis 2005, point de départ des observations.
En 2025, les charges d’exploitation ont continué d’augmenter, à un rythme toutefois «moins soutenu qu’en 2024», mais les comptes sont toujours grevés par le «paiement des intérêts des emprunts», a souligné la Drees. La hausse des charges liées aux salaires des personnels, notamment, a ralenti : +3,0% (+1,9 milliard d’euros), après +4,1% (+2,5 milliards d’euros) en 2024, année où des revalorisations salariales avaient été mises en œuvre.
Malgré les aides à l’investissement liées au Ségur de la santé, «l’effort d’investissement des hôpitaux publics s’est replié» avec 4,8% des recettes en 2025 (5,4 milliards), après 5,1% en 2024 (5,5 milliards). Les accords du Ségur de la santé, signés en juillet 2020, prévoient des aides destinées à soutenir le financement des investissements des établissements de santé et Ehpad.
Le gouvernement avaig promis 19 milliards d’euros sur dix ans, dont 9 milliards «destinés à financer directement de nouveaux investissements» et 6,5 milliards d’euros consacrés au désendettement, a indiqué la Drees.
Cependant, en mai 2026, le ministère de la Santé a annoncé débloquer 6 milliards d’euros supplémentaires sur la période 2026-2036, pour «soutenir» des projets d’investissement. De plus, les services d’urgences générales et pédiatriques ont enregistré 21,5 millions de passages en 2025, un chiffre qui augmente toujours de 0,8%, après +2,5% en 2024, «en dépit de la généralisation en cours du service d’accès aux soins», des nouveaux Samu qui associent la médecine de ville, et doivent réorienter une partie des patients en dehors de l’hôpital.
Cette hausse des passages s’observe toutefois «dans une faible majorité de régions, notamment dans le Grand Est et les Hauts-de-France» ou plusieurs territoires d’outre-mer dont la Guyane, a précisé l’étude. À l’inverse, le nombre de passages diminue en Bourgogne-Franche-Comté, en Corse et en Guadeloupe.















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