A l’occasion de la Rencontre des entrepreneurs français (REF) organisée par le MEDEF à Paris les 26 et 27 août 2026, les responsables de chaque fédération ultramarine du mouvement patronal ont évoqué leurs préoccupations et besoin face aux représentants Outre-mer des candidats à la présidentielle.

« N’ayez aucun doute, aucune crainte. Toutes les sollicitations et propositions que vous formulez seront prises en compte », a assuré Patrick Martin, président du MEDEF, à l’adresse des patrons d’Outre-mer. Cependant, bon nombre d’acteurs économiques ultramarins ont évoqué le manque d’écoute.

Mais cette année, Bruno Blandin, président de l’UDE-MEDEF Guadeloupe et coprésident du Comité des Outre-Mer du Medef, a indiqué que ces deux journées ont montré l’importance stratégique des Outre-mer. « Cette édition de la REF est exceptionnelle, tant par l’affluence des chefs d’entreprise que par l’opportunité d’échanger avec les futurs candidats à la présidence de la République. Ce n’est qu’une étape, mais ce rendez-vous demeure essentiel pour l’ensemble des territoires ultramarins et pour la Guadeloupe », a indiqué ce dernier.

« L’enjeu est celui de l’attractivité de nos territoires », a déclaré Catherine Rodap, présidente du MEDEF Martinique, avant le début entre les acteurs du monde économique ultramarin et les responsables Outre-mer de chaque candidat à l’élection présidentielle.

Octroi de mer, délais de paiement dans les marchés publics, zone franche globale… De nombreuses problématiques ont été abordées par les différents MEDEF de chaque territoire Outre-mer. Catherine Rodap a mit en avant la prochaine « belle échéance » qui aura lieu le 31 décembre 2027 sur l’octroi de mer. « Il faut qu’on s’y prépare », a affirmé la Martiniquaise et « c’est maintenant qu’il faut s’y pencher ».

Les acteurs du monde économique putre-mer veulent être considérées comme des partenaires et ne souhaitent pas être relégués au rang de simples spectateurs ou de commentateurs a posteriori. « On souhaite que le nouveau candidat s’engage à co-construire une loi de programmation qui prenne en compte nos problématiques et nous donne de la visibilité sur le quinquennat », a soulignéé Virginie Boireau, vice-présidente du MEDEF Réunion.

Les entreprises ont besoin de stabilité. Ainsi pour la Nouvelle-Calédonie, certains ont demandé quelle relation les futurs candidats veulent-ils entretenir avec le territoire, quel soutien veulent-ils apporter au territoire, et surtout quelle forme ce soutien prendra-t-il ? Des questions primordiales pour le développement économique du territoire calédonier, selon Bertrand Courte, président du MEDEF Nouvelle-Calédonie.

Ce dernier a expliqué qu’« on a besoin d’un soutien financier et technique, car on a beaucoup de réformes à faire, un nouveau modèle économique et social à définir. Et pour cela, l’Etat doit nous aider : on a besoin de l’appui de spécialistes juridiques et économiques, dont on manque en Nouvelle-Calédonie. »

Concernant le rayonnement des territoires dans leurs bassins respectifs, « il est important que les candidats se positionnent sur la Nouvelle-Calédonie et sur son avenir, et de manière plus générale sur la place de la France dans le Pacifique. C’est aussi important pour nos voisins polynésiens« , a souligné Bertrand Courte.

« On nous a vendu l’axe indo-pacifique, mais objectivement, on ne voit pas à quoi ça ressemble ! Pour nous, cela reste une formule qui ne s’est pas concrétisée dans les faits. Or, on le sait, il y a un acteur majeur qui lorgne sur le Pacifique, qui gagne du terrain tous les ans : c’est la Chine. Prenons juste l’exemple de notre voisin, le Vanuatu, dont beaucoup d’infrastructures sont financées par les Chinois… » Pour lui, « l’axe indo-pacifique doit se matérialiser à mon sens par une place plus grande de la France dans la région ».

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