Après plusieurs mois de travaux, la Conférence sur le travail, l’emploi et les retraites (CTER) s’est achevée en septembre 2026 avec la publication de son Document final. Le travail a été rendu public le 16 septembre, au grand damne des syndicats, qui dénonce un rapport écrit pour ses auteurs.
Selon le site du gouvernement, la Conférence TER a été lancée à l’initiative du Premier ministre, la Conférence s’est tenue de décembre 2025 à l’été 2026. Elle a réuni les organisations syndicales et professionnelles des secteurs privé et public, afin d’aborder le travail, l’emploi et les retraites. Son organisation a été confiée au ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, et au ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel.
Les travaux ont été conduits sous la responsabilité de trois garants, qui sont Jean-Denis Combrexelle (ancien directeur général du travail et président de section honoraire du Conseil d’État), Pierre Ferracci (fondateur du Groupe Alpha) et Anne-Marie Couderc (ancienne ministre déléguée chargée de l’Emploi, ancienne présidente du Conseil d’administration d’Air France-KLM).
La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet a fait part de sa « colère » sur la méthode retenue pour la diffusion, imminente, du document final de la conférence Travail Emploi Retraites et son inquiétude sur le fond, notamment autour de la notion de capitalisation. « Apparemment, les garants vont remettre leur rapport au Premier ministre aujourd’hui […] et ce rapport nous ne l’avons pas », a indiqué Sophie Binet lors d’une rencontre organisée par l’Association des journalistes de l’information sociale.
Dans un communiqué, la CGT s’est dite étonnée de découvrir le rapport de la conférence Travail Emploi Retraite, qui devait « faire un état des lieux des convergences et divergences entre organisations syndicales et patronales ». Alors que les « garants » étaient mandatés par le Premier ministre pour « veiller à l’esprit de coconstruction avec les partenaires sociaux », le rapport a indiqué la CGT « comporte des préconisations des garants qui n’ont jamais été négociées, validées, voire même parfois jamais mises en discussion au cours des 44 séances de travail ».
Lire le communiqué complet de la CGT
Le document atteste que l’équilibre financier et la soutenabilité pour les finances publiques reposerait sur trois leviers : le niveau des ressources, affectées aux dépenses de retraites, les âges (et notamment l’âge de départ effectif, largement dépendant de l’âge d’ouverture des droits, de l’âge d’accès au taux plein et de la durée d’assurance requise) et les conditions de liquidation et de revalorisation.
Cependant, le rapport n’avance aucun âge précis de départ à la retraite, et atteste qu’une réforme peut porter sur d’autres éléments tels que la durée de cotisation, le niveau des pensions et les prélèvements, les inégalités homme/femme, la pénibilité, l’usure au travail, une cartographie des métiers pénibles, etc.
A l’Agora lors de la Fête de l’Humanité, la patronne de la CGT, Sophie Binet a indiqué que « maintenant que la réforme ne s’applique pas, ils nous disent qu’il faut une nouvelle réforme. Enfin, comme ils ont compris que ce n’était pas populaire, ils ne parlent plus d’âge légal mais d’âge d’équilibre. Et ils avancent masqués, ne disent pas qu’ils sont pour la retraite par capitalisation mais qu’ils veulent ajouter un étage de capitalisation à notre système par répartition. C’est un énorme enfumage, il ne faut pas céder ».
Pour les syndicats, la capitalisation voulu par Amir Reza-Tofighi, le président des Entrepreneurs (ex-CPME), est hors de question. Cité par NVO, Sophie Binet a expliqué la position de la Confédération sur la capitalisation : « c’est un système à cotisations définies : on sait combien on paye, jamais ce qu’on récupère. Et on ne veut pas jouer notre retraite en bourse ». Les patrons et le gouvernement insistent sur la capitalisation car « il y a des intérêts, parce qu’il y a un marché, parce que des patrons ont décidé de faire de nos retraites, de notre sécu un marché. Ils veulent les récupérer pour spéculer dessus ».
La capitalisation est un mode de financement des retraites dans lequel les cotisations versées pendant la vie active servent à épargner et investir pour financer sa propre retraite future. Ainsi, un salarié qui travaille et verse 300€ par mois dans un système par capitalisation, lui permet de placer l’argent en obligations, actions ou en fonds. Par la suite, il peut produire des intérêts ou des rendements et au moment de la retraite, il récupère son épargne accumulée, éventuellement sous forme de capital ou de rente. C’est une privatisation des retraites, qui peut disparaitre du jour au lendemain en cas de crise boursière, à l’instar de celle de la crise de 2016 au Japon perdre leurs retraites à des millions de japonais.
















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