Les syndicats ont appelé, chacun à leur tour, à la manifestation le 17 octobre prochaine, sans réelle coordination, et sans garantie de mobiliser. A La Réunion, les syndicats réunionnais se demandent encore si ils vont suivre la mobilisation nationale à La Réunion.
Mais la colère gronde. Elle est surtout liée au coût de la vie et la récente hausse des carburants en est un déclencheur important.
Depuis le 1er septembre 2026, le supercarburant est passé de 1,78 € à 1,83 € le litre (+2,81 %), mais la hausse est beaucoup plus importante pour le gazole, dont le prix est passé de 1,55 € à 1,68 € le litre (+8,39 %). Enfin, le GNR et le pétrole lampant augmentent aussi de 13 centimes, passant de 1,02 € à 1,15 € le litre. L’État explique cette hausse notamment par l’augmentation des cours mondiaux du pétrole et les tensions au Moyen-Orient.
Or à La Réunion, la majorité des déplacements se font en voiture, le carburant pèse donc directement sur les ménages mais aussi sur l’agriculture, le transport et le BTP. Les professionnels s’inquiètent de l’augmentation de leurs charges.
La hausse du carburant ravive une frustration plus ancienne et persistante, le prix des produits et le fait que les revenus ne suivent pas. La cherté de la vie est une problématique qui avait déjà été au cœur des mobilisations de 2009 et des Gilets jaunes en 2018.
La Réunion connait une colère sociale plus large, car les récentes mobilisations ont également porté sur les salaires, la précarité, les services publics, les retraites et les mesures budgétaires nationales. En septembre 2025, par exemple, près de 2 650 personnes ont manifesté à Saint-Denis et Saint-Pierre selon la préfecture, pour contester des mesures budgétaires jugées « brutales » par les syndicats.
Les agriculteurs dénoncent très souvent les difficultés à vivre de leur production, les contraintes administratives et la concurrence des importations. En janvier 2026, les Jeunes agriculteurs et la FNSEA avaient présenté 30 revendications devant la préfecture, de son côté, la CGPER alerte sur les difficultés financières de l’interprofession dans le secteur de la canne.
Ainsi, comme en 2018, la hausse des prix du carburant est au cœur de la colère de ceux qui appellent à la manifestation le 17 octobre prochain. Pour beaucoup, la défiance envers les institutions et le gouvernement Macron est aussi similaire dans la « France de Macron« , où la cherté de la vie impacte profondément les conditions de vie des Réunionnais(e)s.
Interrogé par Outremerla1ère, plusieurs figures émergentes des Gilets Jaunes dans l’île ont annoncé leur intention de redescendre dans la rue pour renverser le rapport de force. D’ailleurs, les syndicats à La Réunion n’excluent pas de suivre le mouvement du 17 octobre en local mais rien n’a encore été préparé à La Réunion. Pour Jacky Balmine, de la CGTR, « nou doit être dan la rue mais une colère sociale doit déboucher sur des revendications construites. Pour le moment, syndicalement moi je n’ai rien« .
La CGTR se dit ouverte au débat, mais il faudra attendre la rencontre de l’intersyndicale prévue le jeudi 17 septembre, visant à préparer les contours de la manifestation de la fonction publique prévue le 29 septembre prochain.
















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