La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie son étude annuelle sur les interruptions volontaires de grossesse (IVG) en France en y ajoutant les données 2025. Cette étude analyse l’évolution du nombre d’IVG depuis 1990, et décrit les disparités territoriales.
Dans son rapport, la DREES explique que « la part des IVG réalisées dans les établissements de santé demeure très inégale en fonction des départements ». « Plus de neuf IVG sur dix sont pratiquées en établissements de santé pour six départements (Creuse, Haute-Vienne, Sarthe, Cher, Orne et Aisne), alors qu’à l’inverse, moins d’une IVG sur deux est réalisée en établissements de santé pour 25 autres départements métropolitains, et moins d’une IVG sur trois pour sept d’entre eux ».
Cette différence peut être liée aux caractéristiques de la population ou à un déficit d’offre de soins de ville pour les IVG dans certains départements, a indiqué l’institution. Cependant, « dans les DROM, les taux d’IVG effectuées en établissements de santé sont plus faibles, avec des disparités moindres : ils varient de 20 % en Guyane et 28 % à La Réunion, à 51 % en Martinique et 62 % à Mayotte »
Toutefois, si le taux de recours à l’IVG continue d’augmenter dans toutes les régions de France métropolitaine, le taux de recours par département de réalisation varie très fortement d’un département à l’autre, de 8 ‰ en Haute-Loire à 41 ‰ à Paris (respectivement 8 ‰ et 40 ‰ en 2023). Dans les départements et régions d’outre-mer (DROM), il varie de 21 ‰ à Mayotte à 47 ‰ en Guyane (respectivement 22‰ et 50‰ en 2023)
« Le taux de recours à l’IVG standardisé sur l’âge pour l’ensemble des DROM est de 33,0 ‰, le double du taux en France métropolitaine (17,0 ‰). Ce taux s’élève à plus de 45 ‰ en Guadeloupe et en Guyane. Il est cependant probable qu’une part non négligeable des IVG enregistrées en Guyane concernent des femmes non résidentes, conduisant à un taux de recours surestimé sur la population résidente », a souligné la DREES. La Guadeloupe et la Guyane sont suivies en termes de taux de recours par la Martinique (35,8 ‰) et La Réunion (27,8 ‰).
Cinquante ans après la dépénalisation de l’IVG par la loi Veil, le nombre d’IVG en 2024, 251 300 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées en France, et 139 000 IVG ont été pratiquées en établissements de santé, dont près de deux sur trois par méthode médicamenteuse. « Le nombre total d’IVG croît en 2024 de 2,9 % (soit +7 000 IVG, après +4,0 % en 2023, soit +9 300 IVG), selon un rythme proche de la hausse observée immédiatement avant la crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 », a écrit la Drees.















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