Le député martiniquais Jiovanny William a remis, le 24 septembre, son rapport à la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, dans lequel il propose 14 mesures pour réduire les prix.

Dans son rapport, le député a eu deux objectifs : réduire le prix des billets d’avion et améliorer la mobilité des Ultramarins. Jiovanny William a pointé du doigt le prix des billets d’avion, très élevés depuis de nombreuses années. Le député ne relie pas ces prix uniquement à l’éloignement géographique, il met aussi en avant le poids de la fiscalité, les mécanismes de tarification des compagnies aériennes et les limites des dispositifs actuels de continuité territoriale.

Cependant, pour le parlementaire, l’un des principaux leviers d’action de l’État reste la fiscalité, qui contribue notamment au financement du fonctionnement des aéroports. « Si on prend un chiffre, plus de 140 % d’augmentation depuis 15 ans. Il y a vraiment une fiscalité à revoir et qui drainerait finalement de l’argent, des moyens financiers pour l’État, parce que cette fiscalité, actuellement, elle réduit la concurrence. Et on sait que plus il y a de concurrence, mieux ce sera pour les bénéficiaires, pour les consommateurs ».

Selon lui, « en faisant bouger [les choses] sur le plan fiscal, on peut faire bouger aussi le prix des billets ». Ce dernier souhaite que « les compagnies aériennes jouent le jeu » et que « les collectivités s’emparent de ce rapport, parce que sur le plan structurel, y a également des choses à faire ».

Parmi les dispositifs pointés du doigt figure la taxe de solidarité sur les billets d’avion, communément appelée « taxe Chirac ». Selon lui, son augmentation pèse directement sur le prix payé par les voyageurs, sur l’exploitation des liaisons régionales et sur les conditions de concurrence entre compagnies. Raison pour laquelle, il recommande son retrait ou sa modulation pour les liaisons concernées.

Il a assuré que « des discussions sont entamées » et qu’un travail « va être fait avec madame la ministre [des Outre-mer], mais c’est aussi en interministériel ». De son côté, la ministre Naïma Moutchou a confirmé être « déjà en train d’y travailler ». « On a eu des échanges avec le député à l’occasion de cette mission, par exemple sur la TSBA, cette taxe de solidarité qui existe et qui pèse sur le prix des billets d’avion, la fameuse taxe Chirac. Je suis optimiste sur ce qu’on va faire dans les prochaines semaines pour venir diminuer cette taxe sur le prix des billets d’avion. »

La ministre a par ailleurs indiqué qu’à partir des propositions contenues dans le rapport, sa mission sera « de les expertiser si besoin, notamment au regard des contraintes juridiques, du droit européen, du droit international, et de voir comment on peut, sur le plan législatif, sur le plan réglementaire, adopter un maximum de ces propositions ».

Concernant la tarification dynamique « le yield management », elle est aussi abordée dans ce rapport. Il s’agit d’un système algorithmique utilisé par les compagnies aériennes pour adapter les tarifs en fonction de la demande et du remplissage des avions, pèse sur l’augmentation du prix des billets. Pour Jiovany William, il ne s’agit pas de remettre en cause le principe, mais de s’interroger sur son application et sur les mécanismes de régulation.

Le député point du doigt le fait que le prix des billets est déterminé par une combinaison de facteurs. Par exemple, le coût du carburant en augmentation de 15 à 25 % en raison du conflit autour du détroit d’Ormuz. La saisonnalité et la situation économique des territoires entrent également en ligne de compte. « Aucune réponse ne pourra donc reposer sur un seul acteur. Nous sommes des territoires captifs : il faut lever les barrières et avoir une réflexion commune », a assuré Jiovanny William.

Au-delà des mesures immédiates, il défend une réflexion plus profonde sur la continuité territoriale, car les déplacements aériens répondent en effet à des besoins essentiels : accès aux soins, études, déplacements professionnels, mais aussi maintien des liens familiaux et rapprochement entre les générations.

« Quand on parle de continuité territoriale, on ne parle pas seulement de fixer un prix en fonction d’une situation sociale : il faut agir sur le système dans son ensemble », a assuré le député. Selon lui, cette réflexion devrait être engagée dans l’ensemble des territoires ultramarins, afin de faire baisser les prix.

Parmi les recommandations figure la possibilité de fixer des prix planchers sur un certain nombre de billets disponibles sur chaque vol; de revoir le fonctionnement de LADOM, avec une augmentation de sa dotation et un élargissement de ses possibilités d’intervention afin que les dispositifs puissent bénéficier à davantage de voyageurs.

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