Durant plusieurs mois, les associations de protection animale se sont mobilisés contre la proposition d’une élue socialiste visant à abattre des chiens errants dans les territoires ultramarins. Cet amendement polémique aurait été discrètement retiré du texte final.
Le Sénat avait adopté fin juin l’amendement 604 dans le cadre du projet de loi «Protection et souveraineté agricole». L’objectif visait à ouvrir la possibilité d’abattre des chiens errants dans tous les territoires d’outre-mer. En cas d’attaques avérées de chiens errants contre les animaux domestiques ou les personnes, dans une commune donnée, le préfet aurait le pouvoir d’ordonner un abattage.
Déposé par les sénateurs socialistes, écologistes et républicains (SER), l’amendement avait pour objectif de répondre à la crise de la prédation canine contre les troupeaux. « En Martinique, plus de 500 bêtes ont été prédatées par des chiens errants en 2025 et près de 200 depuis le début 2026 », ont noté les sénateurs, qui attestent que « près de 90 % des chiens présents sur l’île ne font l’objet d’aucune identification , rendant la répression des propriétaires quasi-impossible ».
La proposition a susicté la colère des associations, qui proposent des solutions viables depuis de très nombreuses années. La fondation 30 Millions d’amis a fait campagne auprès des parlementaires pour peser contre l’amendement. Le Collectif Chiens & Chats Martinique a lancé une pétition, qui a rassemblé plus de 35.000 signatures.
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De son côté, la fondation Brigitte-Bardot a dénoncé un texte « honteux » et s’est fortement mobilisée pour la suppression de l’amendement. L’humoriste Raphaël Mezrahi a aussi interpellé le président Emmanuel Macron pour qu’il s’implique dans le dossier.
La sénatrice socialiste, Catherine Conconne, à l’origine de l’amendement, a défendu son idée: « Je ne suis pas Cruella [en référence à la femme cruelle du dessin animé Les 101 Dalmatiens, ndlr] et les gens qui me présentent comme une tortionnaire d’animaux n’ont pas lu l’amendement », a-t-elle déclaré sur BFMTV. Cette dernière a mit en avant les attaques à l’encontre des chèvres qui peuvent endeuiller des éleveurs. Elle a relativisé l’importance de l’amendement qui ne viserait « qu’une ou deux meutes par an ».
Selon les informations de Franceinfo, la Commission Mixte Paritaire réunie le 16 juillet aurait écarté l’amendement 604 du projet de loi. Des informations concordantes annonçant la suppression du texte ont été transmises aux associations de protection animale.
« Cette suppression constitue une victoire majeure pour la cause animale en France et dans les territoires ultramarins », se réjouit la Fondation Brigitte-Bardot, qui « restera vigilante pour qu’aucune mesure similaire ne soit réintroduite à l’avenir et poursuivra son combat pour une législation respectueuse des animaux ».
Reha Hutin, la présidente de la Fondation 30 Millions d’amis, « salue la décision des députés et sénateurs d’écarter cette mesure cruelle et intolérable. Seules des actions de stérilisation et de responsabilisation des maîtres d’animaux peuvent représenter une solution durable aux difficultés que pose l’errance animale ».















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