La Chine occupe une place centrale dans le nouvel ordre mondial en raison de son essor économique, de son influence politique croissante et de sa volonté de transformer les relations internationales en modèle multilatéral. En quelques décennies, elle est devenue l’une des principales puissances mondiales, capables de rivaliser avec les États-Unis sur de nombreux plans.
La croissance économique de la Chine est le fondement de son influence à la fois en interne et en externe, devenant un acteur incontournable du commerce international et un partenaire économique essentiel pour de nombreux pays. Ses investissements à l’étranger, notamment dans le cadre des Nouvelles Routes de la Soie, lui permettent de développer des infrastructures et de renforcer ses liens avec l’Asie, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine.
Consciente des effets pervers d’un modèle hégémonique et unipolaire, la Chine cherche à promouvoir un ordre mondial plus multipolaire. Elle estime que les institutions internationales sont encore largement dominées par les pays occidentaux et souhaite un système dans lequel les puissances émergentes disposent d’une plus grande influence.
Raisons pour lesquelles, la Chine soutient depuis plusieurs années la réforme de l’ONU, “afin de mieux refléter les réalités du monde actuel et de lutter contre l’impunité de certaines grandes puissances disposant du droit de veto”, comme l’a expliqué le secrétaire général de l’ONU, António Guterres.
Cette ambition se traduit par une diplomatie active, appelée “soft power”, et par la création et/ou le soutien d’organisations internationales reflétant davantage les intérêts des pays en développement, Sud-Sud. Le développement technologique renforce la position de la Chine sur la scène internationale, mais cela, crée de très fortes tensions avec les Etats-Unis, leader pour le moment dans ce secteur. La Chine investit massivement dans des secteurs stratégiques tels que l’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les télécommunications, les énergies renouvelables et l’exploration spatiale.
Ces avancées lui permettent d’accroître sa compétitivité et son autonomie face aux autres grandes puissances, qui tentent de freiner la Chine, à travers ses géants de télécommunications, tels que Huawei, ZTE, ou encore Alibaba et Baidu. Washington cherche à verrouiller l’accès aux puces de pointe, tandis que Pékin mise sur l’open source, le coût bas de l’énergie et ses nombreux ingénieurs pour s’imposer.
Enfin, la Chine défend auprès de ses alliés et au sein des instances onusiennes une vision des relations internationales fondée sur le respect de la souveraineté des États et le principe de non-ingérence. Elle propose ainsi un modèle de coopération qui se distingue de celui traditionnellement porté par les puissances occidentales.
En mars 2023, la Chine réussit un coup diplomatique sans précédent, elle parvient à réunir autour de la table les frères ennemis, l’Iran et l’Arabie Saoudite. Pour de nombreux analystes, c’est le signe d’un “Moyen-Orient et d’un monde changés”, comme l’a expliqué le journaliste de Radio France, Pierre Haski. En pleine guerre froide avec les États-Unis, “la Chine affiche à la fois son statut de superpuissance dans une zone où on ne l’attendait pas ; et elle se présente en nation responsable et pacifique, c’est bon pour son image dans le monde non-occidental”, d’après ce dernier.















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