Longtemps considéré comme une périphérie du système international, le Sud global s’impose désormais comme un acteur incontournable de la gouvernance mondiale. Regroupant une grande diversité de pays d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, cet ensemble représente une part croissante de la population mondiale, de la production économique et des ressources stratégiques.

L’émergence du Sud global s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, la croissance économique rapide de certaines puissances comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Indonésie a modifié l’équilibre mondial. D’autre part, les crises successives – financières, sanitaires, énergétiques et géopolitiques – ont mis en évidence les limites d’un ordre international dominé par les puissances occidentales. Face à cette situation, les pays du Sud revendiquent une représentation plus équitable dans les institutions internationales et une plus grande prise en compte de leurs intérêts.

Ils partagent une histoire marquée par la colonisation, des défis de développement communs et la volonté de renforcer leur influence dans les affaires mondiales. Bien que ces pays soient très différents sur les plans politique, économique et culturel, ils occupent désormais une place de plus en plus importante dans le système international et contribuent à la transformation de l’ordre mondial.

L’ascension du Sud global s’explique par son poids démographique et économique croissant. Plus de 80% de la population mondiale vit dans ces régions et certaines économies connaissent une croissance soutenue depuis plusieurs décennies.

L’Inde est aujourd’hui une puissance économique, diplomatique et technologique de premier plan. La Chine a, elle, profondément modifiée les équilibres économiques mondiaux grâce à son industrialisation rapide et à son rôle central dans le commerce international.

Cette montée en puissance se manifeste également dans les institutions et les organisations internationales qui renforcent leur coopération, défendent leurs intérêts communs et promeuvent leur développement. Le groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’est élargi à de nouveaux membres, tels que l’Egypte, l’Éthiopie, les Émirats arabes unis et l’Iran, afin de disposer de mécanismes de coopération capables de compléter ou de concurrencer les institutions dominées par les puissances occidentales.

Le Sud global joue également un rôle croissant dans les grands enjeux internationaux, comme les négociations sur le changement climatique. Des pays africains et insulaires demandent des financements pour faire face au réchauffement climatique, dont ils ne sont pas responsables. De même, lors de la pandémie de COVID-19, plusieurs États du Sud ont dénoncé les inégalités d’accès aux vaccins et ont plaidé pour une meilleure solidarité internationale.

Cependant, le Sud global reste confronté à de nombreux défis : pauvreté et inégalités, retard de développement économique, dette extérieure, croissance démographique rapide, problèmes sanitaires, défis éducatifs, instabilité politique et conflits, effet du changement climatique, et urbanisation rapide.

De plus, “les réalités, les intérêts et les positionnements divergent : certains coopèrent ponctuellement avec les Occidentaux, d’autres s’opposent frontalement, beaucoup pratiquent un multi-alignement tactique pour tirer leur épingle du jeu”, a expliqué Pascal Boniface, directeur de l’IRIS, dans une note sur le sujet.

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