Le monde change, accéléré par la technologie, l’IA, les mobilités et les transferts d’idées. Les villes se transforment, les frontières se recomposent, les normes évoluent. Ainsi, l’égalité pour tous promut par les lois n’est pas respectée. Certains peuples gagnent en visibilité après avoir vu durant des décennies leurs identités marginalisées. Il y a certes une prise de conscience environnementale qui redessine nos choix collectifs, mais les politiques publiques tardent à se mettre en place.
Sous cette façade de modernité, persistent des vieilles mentalités qui résistent au temps. Elles se transmettent de manière intergénérationnelle et à travers les médias et les réseaux sociaux. La coexistence entre renouveau et persistance d’idées racistes, sexistes, et entre autre anti-LGBTQIA+, crée des tensions. Les lois avancent, mais n’empêchent pas – ne condamnent pas – les pratiques haineuses. L’inclusion affichée et la lutte contre le communautarisme ne freinent pas les agressions.
Car les discours progressistes se diffusent largement, mais sont détournés par de vieilles routines de plusieurs générations et des partisans conservateurs, traditionalistes et racistes. Ce décalage nourrit la frustration de celles et ceux qui voient l’horizon promis sans pouvoir l’atteindre. Elles se traduisent par des répliques conservatrices visant à préserver une identité ressentie comme menacée.
Pour dépasser ce paradoxe, il faut agir à plusieurs niveaux. Il faut une éducation critique qui déconstruit les stéréotypes, un espace de parole intergénérationnelle où se négocient les héritages, et des politiques publiques qui lient transformation légale et transformation culturelle. Le changement ne suffit pas s’il reste purement structurel, car il doit changer les mentalités. Pour cela, sensibiliser, informer et expliquer les changements sont nécessaires pour l’évolution de la société réunionnaise et du monde. La lutte contre les vieilles habitudes demande de l’audace, car transformer un monde, c’est surtout transformer les manières de penser qui l’habitent.
Mélusine, lectrice de Témoignages















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