Les arbitrages sur le budget 2027 sont en cours, à l’approche du 30 septembre, date à laquelle le gouvernement compte déposer le projet de loi de finances (PLF) sur le bureau de l’Assemblée.

Une désindexation, même partielle, permettrait d’économiser entre 2 et 6 milliards d’euros dès 2027. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a estimé, dans Libération, que « la question de la contribution des retraités aisés à l’effort de redressement, par exemple par une indexation plus modérée de leurs pensions, mérite d’être posée », à condition de « préserver les retraités les plus modestes ».

Selon le site LCP, le mécanisme de sous-indexation consiste à revaloriser les pensions de retraite de base à un niveau inférieur à celui de l’inflation, contrairement à ce qui est normalement prévu dans la loi. Ce dispositif peut être ciblé sur les pensions de retraite les plus élevées.

Du fait de l’inflation, les pensions de retraite de base ont été revalorisées de quelque 15% entre janvier 2022 et janvier 2026. Le gouvernement ne veut pas revaloriser une partie en 2027, alors que l’inflation en 2026 sera en hausse, proche de 2%. « On est sur une mesure d’économie à 6 milliards d’euros avec la désindexation (totale, NDLR)« , a indiqué Philippe Juvin (Les Républicains), rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, au Parisien.

Cette idée risque d’être bien difficile à faire passer, car les budgets précédents l’ont montré. « L’année blanche » annoncée par François Bayrou pour 2026, comprenant le gel des pensions et de plusieurs prestations sociales, avait contribué à la fragilisation de son gouvernement, finalement renversé après le rejet de sa demande de confiance par l’Assemblée nationale.

De plus, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027 approche, les oppositions ne soutiendront pas une mesure aussi impopulaire. D’autant que les retraités font partie des Français qui votent le plus.

Les prochaines semaines risquent d’être houleuses au fur et à mesure des débats budgétaires. Or, pour faire passer le budget 2026 et rallier les socialistes, le gouvernement avait décidé de suspendre la réforme des retraites de 2023. Mais quelques mois plus tard, la question des retraites revient pour grappiller quelques milliards d’euros en jouant sur l’indexation des pensions.

Sur l’humanité, Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT en charge des retraites et de la protection sociale, s’est dit « totalement contre ces mécanismes de sous-indexation ». Il a dénoncé « des mauvaises idées qui commencent par un certain niveau pour ensuite s’appliquer à tout le monde ».

Lire aussi : Limiter l’indexation des pensions de retraites sur l’inflation : c’est non !

Si l’on veut que les plus riches fassent davantage d’efforts, au lieu de s’en prendre aux pensions de retraite, « ce qu’il faut c’est une réforme fiscale », a insisté le syndicaliste. Idée rejetée par les macronistes, la droite et l’extrême droite, y compris à travers une taxe Zucman de seulement 2 % sur les plus hauts patrimoines…

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