Le centre pénitentiaire de Saint-Denis a dû faire face à une nouvelle montée de tension après deux bagarres en moins de 48 heures. Les syndicat Ufap Unsa Justice Réunion-Mayotte et FO Justice dénoncent une situation devenue « incontrôlable » et ont mobilisé le personnel, ce 2 août matin.

Le personnel du centre pénitentiaire de Domenjod a traversé une forte crise, lorsque vers 9 heures, le 19 août, une bagarre générale a éclaté alors qu’environ 80 détenus se trouvaient dans la cour. L’émeute serait survenue après la projection d’un colis depuis l’extérieur. Des objets tranchants auraient été utilisés par les détenus, obligeant les surveillants à faire l’usage de fusils à pompe pour sécuriser la cour.

« On a des process dans ce genre de circonstances. Dans un premier temps, on sécurise l’environnement. Ce qui a été le cas avec nos équipes d’intervention, les équipes locales de sécurité pénitentiaire, qui, armées, ont sécurisé l’enceinte de la cour de promenade, les environs de la cour de promenade. Là encore, il y a eu des difficultés parce que certains ne voulaient pas remonter. Donc, on a dû faire usage de gaz lacrymogène pour pouvoir neutraliser certaines personnes qui voulaient en découdre et absolument pas répondre aux injonctions des personnels. C’est la première fois, en 18 ans, qu’on sortait les fusils à pompe pour sécuriser un environnement. Ça s’est fait de manière optimale. On a des agents courageux qui ont fait preuve d’abnégation, de professionnalisme, pour pouvoir, si vous voulez, ramener le calme », a expliqué sur linfo.re, Vincent Pardoux, secrétaire régional FO Justice Réunion-Mayotte.

Moins de 24 heures plus tard, un nouvel affrontement survient dans l’établissement. Selon les syndicats, il s’agirait d’une conséquence des violences de la veille. Mais pour l’Ufap Unsa Justice Réunion-Mayotte, ces deux épisodes ne sont que les derniers symptômes d’une situation qui se dégrade depuis plusieurs semaines. Le syndicat dénonce une situation devenue « incontrôlable ».

Face à cette succession d’incidents, le syndicat a appelé les personnels à se mobiliser et à débrayer ce matin. Un appel également relayé par FO Justice qui atteste que « face au ras-le-bol légitime des personnels et devant l’absence de réponses suffisamment rapides, le bureau local FO Justice appelle l’ensemble des personnels à un débrayage ».

Le 18 août sur Antenne Réunion, Vincent Pardoux a expliqué qu’« il y a une surpopulation carcérale qui est chronique, avec quasiment 1 000 détenus incarcérés actuellement pour 575 places. On a un déficit de personnel de 25 surveillants. On sait très bien qu’il y a tous les jours des projections qui émanent de l’extérieur, donc tous les jours, des projections qui arrivent par dizaines sur les cours de promenade. Bien évidemment, les détenus sont en train de se battre pour le trafic de drogue, pour alimenter ce trafic qui est très lucratif ».

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