Rivo Rakotondravelo est le secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976 et directeur d’école à Mamoudzou. Figure emblématique du syndicalisme enseignant à Mayotte, il a été expulsé manu militari de la place de la République à Mamoudzou, le 26 août, et interpellé par les forces de l’ordre lors d’un sit-in pacifique de l’intersyndicale, en marge de la visite du Premier ministre, Sébastien Lecornu.
Rivo Rakotondravelo dénonce la situation éducative à Mayotte
De 30 à 50 personnes manifestaient sur la place de La République pour une meilleure indexation des salaires en réponse à la cherté de la vie. D’ailleurs, Rivo Rakotondravelo avait indiqué sur Mayottela1ère que depuis le cyclone Chido, les rentrées scolaires se suivent et se ressemblent : « quelques centaines de milliers d’euros ont été distribués ici ou là, mais la situation n’a pas vraiment évolué« . Ce dernier a évoqué la situation de Koungou, où plusieurs écoles partagent toujours les mêmes locaux, réduisant parfois les enseignements à trois heures par jour.
Dans le second degrés, les chantiers sont à l’arrêt et les établissements sont surchargés. Pour Rivo Rakotondravelo, les nouveaux maires ne peuvent pas « se cacher derrière l’inaction de leurs prédécesseurs ». L’État doit aussi assumer sa part de responsabilité : « ces dernières années, nous n’avons pas eu de nouvelles livraisons en termes d’établissement du 2d degré. Il y a des rénovations mais on nous dit que tous les établissements sont remplis à plus de 200 %. Cette situation ne concerne pas seulement le 1er degré. Il y a des difficultés… mais on dit seulement que ce sont les maires, on parle de mauvaise volonté des élus ou en compétences des élus. Mets on peut aussi le dire concernant nos responsables de l’état…. C’est une inertie généralisée !!! ».
Le syndicaliste réclame un plan pluriannuel de titularisation des contractuels ainsi qu’une hausse de l’indexation des salaires pour renforcer l’attractivité du territoire. Le syndicat enseignant a déjà envoyé une demande d’audience pour la venue du Premier ministre Sébastien Lecornu. « Il n’est pas question que le Premier ministre et ses ministres viennent à Mayotte sans entendre nos revendications ». Selon lui, le ministre de l’éducation nationale ferait partie de la délégation. Un rassemblement en intersyndical est annoncé pour cette visite.
Soutien des syndicats
« Ils sont venus ici, je pense, pour la communication. Ils ne voulaient pas voir des manifestants perturber leurs déplacements, leurs déambulations. Le Premier ministre ne souhaitait pas se confronter à nous, les syndicalistes, qui connaissons quand même très bien le terrain et les sujets », a indiqué Rivo Rakotondravelo au journal L’Humanité.
Plusieurs syndicats ont dénoncé cette arrestation arbitraire. Dans un communiqué, Force Ouvrière a condamné « avec la plus grande fermeté les conditions dans lesquelles s’est déroulée la mobilisation syndicale de ce mercredi », fait savoir le syndicat par communiqué. « La réponse apportée à cette mobilisation, avec une intervention importante des forces de l’ordre et, selon les informations dont nous disposons, l’interpellation et le placement en garde à vue de notre camarade Rivo, est profondément préoccupante. »
Des syndicalistes ont été maintenus dans un espace qualifié par l’intersyndicale de « cellule à ciel ouvert », tandis que Rivo Rakotondravelo a été expulsé puis arrêté. « L’interpellation d’un responsable syndical dans de telles circonstances est un fait suffisamment grave pour exiger immédiatement des explications publiques. La CGT Mayotte demande aux autorités de préciser sans délai les motifs, les circonstances et le fondement juridique de cette interpellation », a indiqué le syndicat CGT-Mayotte.
Communiqué de la CGTR – Interpellation de Rivo Rakotondravelo à Mayotte
La CGTR exprime sa solidarité inconditionnelle avec la CGT Mayotte et la FSU-SNUipp 976
La CGTR, organisation fraternelle et membre fondateur de la CSTOI (Commission Syndicale des Travailleurs de l’Océan Indien), comme la CGT Mayotte (CGTMA), exprime sa plus vive indignation et sa solidarité pleine et entière à la CGTMA, à la FSU-SNUipp 976, ainsi qu’à l’ensemble des travailleurs, des militants mahorais mobilisés et de leurs représentants syndicaux.
Le 26 août 2026, alors que les travailleuses et les travailleurs de Mayotte à l’appel de l’intersyndicale se mobilisaient pacifiquement pour exiger l’égalité sociale et le respect des engagements pris, à l’occasion de la visite du Premier ministre Sébastien Lecornu à Mamoudzou, Rivo Rakotondravelo, secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976 et figure majeure du syndicalisme enseignant a été expulsé manu militari de la place de la République et interpellé.
La CGTR dénonce avec la plus grande fermeté ces méthodes d’un autre temps, indignes de la République.
Aucune visite officielle, même sous prétexte d’être en cours, ne saurait bafouer la liberté syndicale et le droit de manifester.
La CGTR, membre fondateur de la CSTOI, comme la CGTMA, rappelle que le dialogue social ne peut être de façade, une mise en scène gouvernementale sans jamais accepter la contestation et où les partenaires sociaux sont invités à écouter et se taire.
Le dialogue réel n’existe que si l’on accepte d’entendre celles et ceux qui disent non.
La CGTR exige :
- l’arrêt immédiat de toute intimidation des responsables syndicaux à Mayotte.
- des réponses concrètes et immédiates aux urgences sociales de Mayotte.
Mayotte n’a pas besoin d’être mise au pas.
Mayotte a besoin d’égalité, de justice et d’être entendue !
Communiqué de la FSU 974 – La FSU 974 aux côtés de l’intersyndicale de Mayotte et de notre camarade Rivo
La FSU 974 apporte son soutien total à l’intersyndicale de Mayotte, à notre camarade Rivo Rakotondravelo et à l’ensemble des travailleurs et travailleuses mahorais mobilisés pour l’égalité sociale et le respect de leurs droits.
À l’occasion de la récente visite gouvernementale à Mayotte, les organisations syndicales ont dénoncé de graves entraves à l’exercice du droit de manifester ainsi que le refus de la délégation gouvernementale de recevoir directement les représentants des travailleurs. Des syndicalistes ont été maintenus dans un espace qualifié par l’intersyndicale de véritable « cellule à ciel ouvert », tandis que notre camarade Rivo Rakotondravelo, responsable syndical et secrétaire départemental de la FSU-SNUipp 976, a été expulsé de la place de la République puis interpellé.
Ces faits constituent une atteinte grave aux libertés syndicales et au droit fondamental de manifester. Ils traduisent également une conception particulièrement préoccupante du dialogue social : lorsque les travailleurs demandent à être entendus, la réponse ne peut être le silence, l’éloignement ou la répression.
La FSU 974 refuse que le dialogue social soit réduit à une simple opération de communication. Refuser de recevoir l’intersyndicale de Mayotte alors qu’elle porte des revendications légitimes sur l’indexation des salaires, le pouvoir d’achat, la convergence sociale et l’égalité des droits constitue un profond mépris à l’égard des travailleurs mahorais. Ces méthodes, indignes d’un État de droit, rappellent des pratiques autoritaires que nous ne pouvons accepter. À Mayotte comme partout sur le territoire de la République, les libertés syndicales et le droit de manifester doivent être pleinement respectés.
La FSU 974 condamne fermement :
- les entraves au droit de manifester et à la liberté syndicale ;
- les conditions dans lesquelles les militants syndicaux ont été maintenus à l’écart de la mobilisation ;
- l’interpellation de notre camarade Rivo Rakotondravelo ;
- le refus du Gouvernement d’ouvrir un véritable dialogue avec l’intersyndicale de Mayotte ;
- toute tentative d’intimidation ou de répression à l’encontre des représentants des travailleurs.
La FSU 974 apporte son soutien plein et entier à l’intersyndicale de Mayotte, à notre camarade Rivo et à l’ensemble des travailleurs et travailleuses mahorais en lutte.
















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