« Les bagnes d’enfants : d’Îlet à Guillaume aux enfants du Levant » est un projet artistique et mémoriel conçu par la Compagnie Amadeus (dirigée par Lydie Rodriguez et mis en scène par Véronique Asencio) qui fait revivre une page sombre et méconnue de l’histoire pénitentiaire de La Réunion.

L’association Amadeus a présenté, le 20 octobre à la Cité des Arts de Saint-Denis, un extrait de son opéra, après une tournée réunionnaise, « Les bagnes d’enfants : d’Îlet à Guillaume aux enfants du Levant », les jeunes artistes se produiront le 25 mars 2027 au Casino de Paris.

« Ce départ pour l’Hexagone est une véritable fierté pour notre territoire. Vous allez faire entendre, bien au-delà de La Réunion, une histoire encore trop méconnue de notre mémoire collective, et contribuer au rayonnement de notre patrimoine sur les scènes nationales », a souligné la conseillère départementale Richela Chambi Djoumbamba, chargée de la Culture.

« Lanmèn amwin lilet Guillaume, pou rant zésklav dann zot rwayom, la trèn amwin lilèt Guillaume, pou swadizan mi dovyin in nom » : ces paroles chantées sur scène par des enfants illustrent une création adaptée de l’œuvre d’Isabelle Aboulker et Christian Eymery, « Les enfants du Levant ».

L’opéra, en français et en créole, croise les destins des enfants enfermés dans deux colonies pénitentiaires, dont celle de l’îlet à Guillaume (1864-1879). Il donne vie à cette histoire méconnue, notamment auprès des jeunes générations, selon le communiqué du Département.

Protégé au titre des monuments historiques depuis 2008, le site fait l’objet d’un programme départemental de sauvegarde et de valorisation. L’Îlet à Guillaume est entre 1863 et 1879 (ou 1864–1879 selon les sources), une colonie pénitentiaire pour mineurs qui a fonctionné à l’Îlet à Guillaume dans les hauts de La Réunion. Plusieurs milliers d’enfants et d’adolescents (souvent dès 8 ans) y ont été envoyés pour de petits vols, du vagabondage ou des rebellions, et y étaient exploités pour cultiver la terre.

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