Communiqué ONU France – À quatre ans de l’échéance de 2030, un bilan mondial montre que le monde n’est pas en voie d’atteindre ses objectifs en matière de biodiversité. Face à ce constat, les pays réunis en Arménie ont adopté une feuille de route pour accélérer l’action en faveur de la nature.
Baptisée « Voie d’Erevan », cette feuille de route a été adoptée samedi, à la clôture de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité (COP17), dans la capitale arménienne.
Elle définit les priorités pour atteindre, d’ici à 2030, les 23 cibles du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal.
Réorienter les financements
« Nous ne pouvons pas protéger la nature tout en continuant à financer sa destruction », a déclaré Astrid Schomaker, Secrétaire exécutive de la Convention sur la diversité biologique (CDB).
La feuille de route appelle les pays à s’attaquer aux subventions néfastes pour la nature et à accroître le soutien financier, scientifique et technique aux pays en développement.
Elle préconise également d’aligner les budgets nationaux et les décisions économiques sur le Cadre mondial de la biodiversité, ainsi que de renforcer le suivi et l’établissement de rapports.
« Au cours de ces deux semaines, nous avons démontré que les divergences peuvent être surmontées, que les engagements peuvent se traduire en décisions et que la coopération peut porter ses fruits », a déclaré le Président de la COP17, Hambardzoum Matevossian.
Une voix renforcée pour les peuples autochtones
Les Parties ont adopté près de 50 décisions portant notamment sur les aires protégées et les forêts, la gestion de la faune sauvage, les espèces exotiques envahissantes, la biodiversité marine et côtière, ainsi que la biologie de synthèse.
Au terme d’intenses négociations, elles se sont également accordées sur les Lignes directrices de Sevan.
Celles-ci fixent les règles de fonctionnement d’un nouvel organe permanent chargé de renforcer le rôle des peuples autochtones et des communautés locales dans l’élaboration de la politique mondiale en matière de biodiversité.
Près de 2 milliards de dollars annoncés
Près de 2 milliards de dollars de nouveaux financements en faveur de la biodiversité ont été annoncés, dont 560 millions au titre de la dernière reconstitution des ressources du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et 500 millions par l’intermédiaire de la Species Recovery Alliance.
Par ailleurs, 330 millions de dollars iront au Value Nature Fund, qui vise à mobiliser des capitaux privés en faveur de la nature.
Parmi les autres initiatives figurent une nouvelle obligation pour la biodiversité et un incubateur d’investissements lancés par la Banque asiatique de développement, ainsi que de nouveaux indicateurs destinés à améliorer le suivi de la biodiversité et la reddition de comptes.
Le véritable test se jouera au retour
« À Erevan, le multilatéralisme environnemental l’a une fois de plus emporté », a déclaré Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
« Les pays se sont rassemblés, ont su faire preuve d’un esprit de compromis et nous ont permis d’adopter des décisions importantes qui favoriseront des progrès concrets pour les populations et pour la planète », a-t-elle ajouté.
La prochaine conférence, la COP18, se tiendra en Équateur, à deux ans de l’échéance fixée pour atteindre les cibles.
« En définitive, le véritable test ne réside pas dans ce que les gouvernements ont convenu à Erevan, mais dans ce qu’ils changeront une fois rentrés chez eux », a conclu Mme Schomaker.














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