Après des semaines de mobilisation de la jeunesse et de manifestations contre la vie chère, les syndicats appellent les salariés à descendre à leur tour dans la rue le 5 novembre afin de manifester pour réclamer au gouvernement et au patronat des réponses sur le pouvoir d’achat.
Pour la première fois depuis la rentrée, la mobilisation concerne à la fois les secteurs privé et public, avec comme revendications l’augmentation des salaires, la sauvegarde des services publics, la défense de l’emploi et une meilleure répartition des richesses aussi bien pour les salariés, les jeunes que les retraités.
« Ce sera une grande journée de convergence avec les salariés du privé qui seront présents, les fonctionnaires, les retraités, les jeunes », a anticipé Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, sur France 2. « Nous voulons deux choses: des augmentations de salaires partout (…) et une révision du projet de budget du gouvernement qui, en l’état, est catastrophique pour le pays », a indiqué cette dernière.
Tous les syndicats se sont joints à l’appel initialement lancé par une intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU début octobre, quand la mobilisation lycéenne et la colère sociale commençaient à s’étendre. « La CFE-CGC sera présente », a confirmé Christelle Thieffinne, présidente du syndicat de l’encadrement, pour « la défense du pouvoir d’achat » et « l’importance d’exercer son droit à la démocratie ».
Face au projet de budget vivement critiqué, les syndicats n’ont pas obtenu de mesures de la part du gouvernement, qui les a reçus il y a dix jours, avec une possible augmentation du Smic évoquée. « Cette manifestation du 5 est importante pour garder cette pression-là et que ces mesures (…) sur lesquelles il y avait enfin une ouverture se concrétisent réellement », a expliqué Cyril Chabanier de la CFTC.
« C’est une journée qui s’adresse au monde du travail », a souligné Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU, mais cela « s’articule aussi » avec les mobilisations de la jeunesse et les manifestations des trois derniers samedis qui ont attiré des centaines de milliers de personnes à chaque fois.
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« C’est une colère générale qui trouve à s’exprimer de manière différente selon les catégories de la population ou selon les dynamiques, mais finalement, tout ça participe aussi à un rejet de la situation », a souligné cette dernière.
Les organisations de jeunes ont décidé de rejoindre le mouvement 5 novembre. « Bien évidemment les lycéens et lycéennes, les étudiants et étudiantes rejoindront les travailleurs et travailleuses, parce qu’ils nous ont soutenus, on les soutient aussi« , a indiqué sur BFMTV Ryad Rani de l’Union syndicale lycéenne (USL).
La coordination des Gilets jaunes a aussi appelé à un « 5 novembre du peuple ». « Le but est de, petit à petit, créer la possibilité d’une véritable convergence. Parce qu’aucun de ces corps constitués seuls n’aura la capacité à agir de manière suffisamment puissante pour créer un rapport de force face au gouvernement et aux milliardaires », a détaillés Benjamin Ball, membre de la coordination.
Le mouvement devrait toucher nombre de secteurs, en raison des appels lancés dans l’enseignement public comme privé, les mutuelles, les banques, chez les médecins et pharmaciens etc. « Il est indispensable de franchir une nouvelle étape dans la mobilisation afin d’obtenir des avancées sociales à la hauteur des attentes des personnels », selon l’intersyndicale des transports urbains.
Les prévisions de trafic SNCF et RATP devraient être connues le 3 novembre, celles du trafic aérien, le 4 novembre. Dès le 30 octobre, les dockers ont donné le ton avec une grève de 24 heures perturbant les ports.
Secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, a espéré que dès « le 5 au soir, l’exécutif prendra la mesure de ce que nous lui disons et expliquons depuis des mois ». Pour l’heure, les syndicats, hormis Solidaires, ne parlent pas de reconduction de la grève au-delà du 5 novembre, mais à la FSU, « on considère qu’une journée ne suffira pas », selon Caroline Chevé. La Coordination des Gilets jaunes considère cette grève comme l’« Acte IV » de la contestation, et une reconduction des blocages, grèves et manifestations les 6 et 7 novembre.














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