Malgré les progrès réalisés dans le domaine des énergies renouvelables, les politiques climatiques actuelles restent largement insuffisantes, selon un nouveau rapport des Nations unies mettant en évidence l’écart entre les ambitions affichées par les États et les mesures concrètes mises

Le nouveau rapport du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a souligné qu’il est indispensable de limiter l’ampleur et la durée du dépassement du seuil de réchauffement de 1,5°C. Cependant, les dirigeants du monde devront mettre les bouchées doubles, et même triples, par rapport aux engagements actuels de la communauté internationale. Le PNUE a confirmé que contenir le réchauffement climatique sous 1,5°C est devenu impossible, faute d’efforts suffisants réalisés jusqu’ici.

L’objectif pour les politiques publiques sera de limiter autant que possible l’ampleur et la durée du dépassement de ce seuil de 1,5°C. Ce chiffre est le plus ambitieux objectif de l’accord de Paris, alors que chaque fraction de degré supplémentaire augmente les conséquences néfastes du réchauffement climatique et le risque de franchir des points de bascule aux conséquences irréversibles.

Or, « chaque période de cinq ans d’émissions de CO2 aux niveaux actuels fait augmenter le pic de réchauffement d’environ 0,1°C », a indiqué l’ONU dans son communiqué. « Un dépassement n’est pas une capitulation. Nous pouvons le garder aussi petit et court que possible et ramener les températures sous 1,5°C d’ici la fin du siècle », estime le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, cité dans un communiqué.

Dans son rapport annuel sur l’évaluation des efforts de réduction des émissions à réaliser pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, intitulé cette année « Le point de retour », le PNUE évoque la possibilité de limiter le pic de la hausse mondiale du mercure à 1,7-1,8°C vers 2050, avant de ramener le réchauffement à +1,5°C à la fin du siècle.

Mais pour cela, il faudrait une baisse drastique des émissions de gaz à effet de serre (-18% d’ici 2030, -45% d’ici 2035 et -69% d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 2025), auquel il faudrait ajouter un captage et un stockage de CO2 à grande échelle (environ 320 gigatonnes de CO2 soit huit années d’émissions du niveau de celles de 2024). Le PNUE admet que cette possibilité est incertaine, en raison des défis socio-économiques et technologiques de ces techniques pour les dirigeants.

Le PNUE explique qu’une mise en œuvre complète des contributions déterminées au niveau national, pris jusqu’ici par les parties à l’accord de Paris, ne permettrait de réduire les émissions que de 5 à 8% d’ici 2030 et de 11 à 15% d’ici 2035 par rapport aux niveaux de 2025. « Même en limitant le réchauffement à deux degrés, on va connaître de vraies difficultés », a assuré François-Marie Bréon, directeur adjoint du Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, un des laboratoires de l’Institut Pierre-Simon Laplace en région parisienne.

Un constat est clair : si les politiques ne changent pas rapidement, le monde se dirige tout droit vers un réchauffement de 2,8°C à la fin du siècle et vers +2,6°C si les CDN sont réalisés et poursuivis par la suite. De plus, si la neutralité carbone est en plus atteinte en 2050, la hausse du mercure serait de +2,1°C.

Ces prévisions sont moins favorables que l’an dernier, a admit le PNUE, qui explique cela par le retrait des États-Unis de l’accord de Paris et par de nouvelles estimations des émissions historiques. Le rapport met en avant quelques avancées, comme le développement trois plus vite que prévu des capacités d’énergies renouvelables dans le monde, grace au déploiement massif et plus rapide qu’attendu du photovoltaïque. De plus, la place du charbon dans le mix énergétique est moins important que prévu et les politiques climatiques ont permis de réduire les émissions en de nombreux endroits.

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