La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou était auditionnée, le 21 octobre à l’Assemblée nationale, sur les crédits 2027 alloués au ministère des Outre-mer. Un budget stable selon la ministre, un budget en « trompe l’oeil » selon les oppositions.

Naïma Moutchou a détaillé le budget de la mission Outre-mer pour 2027, qui s’élève à 3,68 milliards d’euros, soit une hausse annoncée de 10%, ce qui reviendrait à 320 millions d’euros supplémentaires par rapport à l’année précédente.

Le projet annuel de performances du ministère des Outre-mer met en avant la lutte contre la vie chère, l’accès au logement et à l’eau potable en particulier à Mayotte et en Guyane. Ces subventions devraient soutenir l’emploi et l’activité économique.

« La trajectoire que je vous présente aujourd’hui, c’est celle d’un État qui maîtrise ses finances mais qui ne veut pas renoncer à l’essentiel pour les territoires », a assuré Naïma Moutchou.

Le budget de la mission Outre-mer prévoit aussi des financements spécifiques pour accompagner la refondation de Mayotte et le plan de relance de la Nouvelle-Calédonie.

Un budget « trompe l’oeil »

Le député martiniquais, Jean-Philippe Nilor (LFI), a expliqué à la presse que le budget présenté masque « une logique baissière » d’un gouvernement « dans un rôle de fossoyeur des Outre-mer qui égraine ses coupes budgétaires ». Pour la députée réunionnaise Émeline K/Bidi (UDR), l’enveloppe de l’exécutif d’ »insulte à la jeunesse ultramarine ».

Un budget « sans ambition » qui ne répond pas à la crise du logement regrette notamment la députée PS de la Martinique Béatrice Bellay députée. « La LBU [la Ligne budgétaire unique dédiée au logement social] est calibrée pour sortir un T3 à 165 000 euros, aujourd’hui, c’est 220 000 euros en Martinique ! », a expliqué Béatrice Bellay, députée socialiste.

Estelle Youssouffa, députée Liot de Mayotte, a estimé qu’« il n’y a pas un seul plan pour aider les Mahorais et Mahoraises face à la situation de l’eau. » Elle a interpellé la ministre à propos du projet de dessalement qui est toujours « à l’arrêt ».

De son côté, le député indépendantiste de la Nouvelle-Calédonie, Emmanuel Tjibaou, a déploré l’absence d’effets à la suite du déplacement, à Paris il y a un mois, de la mission transpartisane des élus locaux. « À quel moment on parle de désendettement ? », a posé ce dernier. « Des négociations en vue de conclure d’ici la fin de l’année un contrat pluriannuel de financement devaient s’engager. Où est le contrat ? », a souligné le député.

La sénatrice Audrey Bélim, a alerté dès le 9 octobre, d’un « recul » pour les Outre-mer, car « derrière cette hausse affichée, la réalité est tout autre : des crédits qui stagnent, des moyens qui reculent et des investissements insuffisants face aux urgences de nos territoires ».

Cette dernière a listé les incohérences du gouvernement. Concernant, le logement, il y a « moins de moyens pour engager de nouvelles constructions, alors que près de 50 000 demandes de logements sociaux restent en attente à La Réunion ».

De plus, les crédits pour la jeunesse et l’emploi sont « en baisse pour lancer de nouvelles actions d’insertion, alors que 40 300 jeunes Réunionnais ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation ».

Selon la sénatrice socialiste, « le redressement des finances publiques exige des efforts. Mais ces efforts ne peuvent pas être supportés de la même manière par des territoires qui ne partent pas avec les mêmes chances! ».

Prochaine étape, le 26 octobre, date à laquelle la Commission des finances examinera et votera les crédits de la mission Outre-mer. Audrey Bélim a assuré qu’elle déposera « des amendements pour préserver nos acquis, rétablir les moyens nécessaires et porter une véritable ambition pour La Réunion ».

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