Près de 200 pays se retrouvent en Arménie à partir du 27 octobre pour tenter de remettre la protection de la nature comme priorité pour les gouvernements, en luttant mieux contre ce qui la détruit comme la déforestation, les pollutions et la surexploitation des ressources naturelles.
Réunis à Erevan pour une quinzaine de jour à la 17ème édition de la COP Biodiversité organisée sous l’égide de l’ONU, leur mission est compliquée car les difficultés budgétaires et la crise du multilatéralisme freinent les objectifs environnementaux. Pourtant les extinctions d’espèces, la dégradation des forêts et des récifs coralliens, et l’aggravation des catastrophes naturelles rendent les efforts des États de plus en plus urgents.
Quatre ans après un engagement ambitieux ayant mit en avant 23 points clés d’ici la fin de la décennie, la COP17 devrait attirer jusqu’à 15.000 participants selon les organisateurs, fait figure de point d’étape afin de dresser un premier bilan, qui s’annonce terne.
« Nous devons admettre en toute honnêteté que, collectivement, nous ne sommes pas encore sur la bonne voie », a reconnu le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, lors d’un sommet des chefs d’États et de gouvernements, au cours duquel les dirigeants de premier plan ont surtout été ceux de pays voisins. Le Premier ministre a aussi appelé les États à « traduire les engagements que nous avons déjà pris en actions concrètes ».
Le premier bilan de ce cadre mondial appelé « Kunming-Montréal« décidé en 2022 à la COP15 de Montréal, montre que quasiment l’ensemble des objectifs est en retard, notamment concernant les subventions aux énergies néfastes pour la planète, dont les énergies fossiles, évaluées à 2.600 milliards de dollars par an.
Parmi les points clés figurent la protection des aires terrestres et maritimes, la baisse des subventions pour les activités néfastes à la nature, ainsi que la protection des populations autochtones, en plus d’objectifs financiers.
« Il nous faut davantage d’actions, plus de rapidité et plus de volonté », a exhorté le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, présent à Erevan, qui avait déjà regretté que « la guerre contre la nature » continue. « Subventionner les énergies fossiles revient à subventionner le suicide », a dénoncé le secrétaire général de l’ONU au sujet de ces subventions, supposées diminuer d’au moins 500 milliards par an d’ici 2030, en vertu de l’accord international.
Autre point de tension, les engagements financiers, en particulier les objectifs d’aide des pays riches vers les pays en développement, qui devrait occuper un rôle central lors de la COP31 sur le climat, en Turquie. « Il subsiste un énorme déficit de financement mondial en matière de biodiversité », a indiqué le ministre chinois de l’Environnement Huang Runqiu présent à Erevan, tandis que les États développés, Union européenne en tête, veulent faire participer davantage la Chine et les grands pays émergents aux efforts.
Ces défis majeurs surviennent au moment où les États font face à des difficultés budgétaires très importantes, dont la forte diminution de l’aide publique au développement ces trois dernières années. De plus, le multilatéralisme connaît une crise profonde depuis le retour de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. « Le monde n’a pas besoin d’une nouvelle vision (…) Ce dont il a besoin, c’est d’actions concrètes », a assuré le président du WWF International, Adil Najam, également présent en Arménie.
Un éventuel succès de cet événement sera mesuré « à l’aune de la capacité de la conférence à traduire les engagements politiques en mesures concrètes et en progrès mesurables », a indiqué à l’Agence France Presse, Hambardzum Matevosyan, le président de la COP17 et ministre arménien de l’Environnement.














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